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Si la Révolution de n'entraîna pas de remous notables dans la région, il n'en sera pas de même pour celle de Bourron connut quelques violentes échauffourées, notamment au cours des "fameuses journées de juin", où des opposants voulurent empêcher par la force les Gardes Nationaux de la commune à gagner Paris pour une réunion.

Le marquis Barthélémy de Montgon qui avait succédé à son père en n'était jamais parvenu à se faire apprécier par ses administrés. Déjà peu aimé et très controversé, il fut suspendu et remplacé par François Cabin et Pierre Maroteau deux vignerons républicains respectivement maire et adjoint de la commune. Jean-François Cabin Maire de Bourron de à , ancêtre d'Henri Froment L'abbé Oudin, trop engagé dans la défense du trône et de l'autel doit se réfugier à Fontainebleau.

L'une des principales difficultés de ce temps résidait dans les litiges incessants opposant les paysans au pouvoir suite à l'incursion destructrice du gibier royal sur leurs terres, sans indemnisation de leurs dommages.

Le maire fut contraint de nommer des gardes assermentés pour refouler et maintenir le gibier sur le domaine royal. L'École L'école aussi posait problème.

Après des années d'illetrisme institutionnel programmé par la république des sans-culottes, l'école des garçons fut réouverte sous l'Empire, vers Sous l'impulsion du curé de la paroisse et de l'instituteur et conseiller municipal Savinien Guiou, les garçons de Bourron et de Marlotte réapprirent à lire, à écrire et à compter.

De à , ce sont les Pelletier, une dynastie d'instituteurs qui prit la relève au presbytère, inculquant, les rudiments d'un enseignement primaire à des générations de petits paysans. En , la commune acquit en face de l'église, une maison certes modeste mais dont le toit allait abriter à la fois le presbytère, l'école et la mairie.

Histoire de l'enseignement à Bourron-Marlotte. Entre et , l'apparition de deux bistrots accueillants, appartenant au menuisier Saccault et au bourrelier-matelassier Antoni, favorisera le séjour d'écrivains, de poètes et d'artistes-peintres parisiens venus croquer la nature sur le motif. Lorsque des chambres d'hôtes eurent complété l'installation sommaire de ces établissements, Henry Murger et ses amis y créèrent un véritable cénacle.

Cette colonie d'artistes dont parlaient les gazettes parisiennes attira touristes et curieux avides de connaître cette ambiance joyeuse si bien décrite dans les Scènes de la Vie de bohême , roman qui valut gloire et fortune à son auteur.

Notons au passage que si dans ses livres et sa vie libre Murger apparaît comme un joyeux drille, ses amis, témoins de son intimité, parlent aussi de son caractère taciturne et de longs moments de déprime.

Hôtel de la Renaissance Le 14 août , l'arrivée du chemin de fer dans la région apportera à Bourron, Marlotte, Grez, Montigny et les autres communes d'alentour une vivifiante bouffée d'oxygène, relançant avec bonheur une économie stagnante. Une nouvelle route directe reliant Fontainebleau à Marlotte et à Montigny, facilita l'accès à ces villages, favorisant le développement du commerce déjà stimulé par l'afflux de visiteurs et l'écoulement des produits régionaux vers la capitale.

Cette ouverture sur le monde vaudra aux villages de Marlotte et de Bourron, encore éloignés l'un de l'autre d'un quart de lieues, une renommée dépassant de très loin le modeste rayonnement de cette première communauté artistique réunie à autour de Murger. Le bouillonnement d'idées, d'esthétiques diverses, souvent opposées, qui éclosent ici, seront à la base de la fantastique révolution intellectuelle et artistique qui va secouer et submerger l'Europe tout entière. Le château A la mort du marquis François de Montgon, en , ses biens furent partagés entre ses deux fils, sa veuve se réservant l'usufruit du château, avec une clause lui permettant de percevoir une rente si le domaine venait à être vendu.

Le fils aîné, Barthélémy de Montgon, succédant à son père à la mairie et héritant de la majorité des biens et du château, se révéla un piètre administrateur doublé d'un fieffé coquin. Joueur invétéré, coureur de jupons, il dilapida rapidement la fortune familiale et s'endetta outrageusement. Haï par les habitants pour ses incartades et l'exercice d'un droit de cuissage suranné, ce jeune marquis prédateur, non content de ruiner les finances de la commune, spolia le village de la source Saint-Sévère qui lui appartenait depuis deux mille ans.

L'ayant inclue dans son propre patrimoine afin de revendre son eau, elle appartient aujourd'hui encore au domaine du château, n'ayant jamais été restituée à la commune! Cela dit, vu l'incivisme ambiant, notre belle fontaine est sans doute mieux protégée des déprédations et mieux entretenue par les châtelains actuels. Complètement ruiné, Barthélémy de Montgon dut céder le château et son domaine au baron de Brandois. En , le château de Bourron appartint pour quelques années des Brandois aux Piolenc.

Ce fut la marquise douairière Adrienne de Piolenc, née Adrienne de Morgan qui acquit le château. Elle y mena joyeuse vie et grand train jusqu'à sa mort, en compagnie de son fils Joseph-Marcel, et de sa belle-fille Charlotte Jacqueline Gaigneron Jollimont de Marolles. Joseph de Piolenc avait hérité le marquisat en à la mort de son père Joseph-Marcel-Alexandre. Tout jeune officier de voltigeurs il s'était illustré à la bataille de Malakoff. Les noces somptueuses qui l'unirent à Charlotte furent célébrées en au château de Bourron.

Voici comment Henri Froment nous décrit cet épisode de notre histoire: Il a quitté le service actif, mais garde des liens étroits avec la garnison de Fontainebleau. Il gère ses biens de Bourron, où il est Conseiller municipal. Lieutenant de Louveterie, il peuple son parc de daims et de chevreuils et organise dans ses bois de fumantes parties de chasse. C'est le temps glorieux des équipages, et le curé Pougeois finit par refuser d'aller déjeuner au château le dimanche, car il se trouve très gêné à la vue des aristocratiques épaules généreusement découvertes de ces dames, dont les robes à crinolines, fort étoffées dans le bas, le sont très peu dans le haut!

L'abbé Oudin, fin lettré et curé dynamique, mais très imprudent dans ses comptes prévisionnels, avait entrepris de coûteux travaux de restauration pas trop bien conçus et des acquisitions contestées par le maire, qui entraînèrent un endettement excessif. Entre et le presbytère est déplacé en prévision des gros travaux nécessités par la restauration de l'édifice.

Les vieilles croix de fer de l'ancien cimetière que les familles ne réclamèrent pas furent réutilisées comme croix de carrefour ou croix de mission. Ce cimetière est toujours le nôtre. Quant à Marlotte, sa population augmente plus vite que celle de Bourron, les deux villages ne se trouvant réunis au sein d'une même commune qu'en Activité économique Entre et , le travail ne manque pas à Bourron et Marlotte.

Entre l'exploitation des carrières de grès, celle du bois de chauffage et de charpente, la culture des vergers, des champs et des jardins, l'élevage, la pêche et le braconnage, le petit peuple parvient à manger à sa faim. Parallèlement à la construction du chemin de fer le transport fluvial se développe lui aussi facilitant l'échange des marchandises lourdes ou encombrantes. Le roi Louis-Philippe et la famille royale séjournent souvent à Fontainebleau ce qui entraîne de gros travaux de restauration et d'entretien et du travail pour les artisans de Bourron et leurs compagnons.

Napoléon III et sa Cour aiment aussi beaucoup Fontainebleau, où l'on continue les travaux; l'impératrice vient volontiers jusqu'ici dans sa petite voiture à un seul cheval, avec sa dame de compagnie.

L'abbé Pougeois auteur d'une biographie de l'orientaliste Michel Vansleb, mort dans la misère et enterré à Bourron en , parvient à intéresser l'empereur à son histoire et à financer la restauration de sa tombe dans l'église. Le monarque accorda même une subvention qui permit à l'abbé de faire éditer son ouvrage. Ce fut l'écrivain Octave Feuillet, bibliothécaire du château de Fontainebleau, qui, en , lui remit en mains propres ces six cents francs, dans son presbytère de Bourron. Abbé Pougeois Lorsque la guerre de s'achève par la cuisante défaite militaire que l'on sait, entraînant la chute du Second Empire, l'invasion allemande, l'avènement de La Commune et beaucoup de malheurs, c'est l'extinction des feux et la fête joyeuse semble finie.

L'occupation allemande du château et l'installation d'une "ambulance" prussienne occasionnent de nombreuses dégradations. Le château est même à deux doigts d'être incendié par représailles 1. En la famille de Montesquiou-Fezenzac succède aux Brandois et aux Piolenc.

Leurs descendants en sont aujourd'hui encore les heureux et dynamiques propriétaires. La Guerre de et l'occupation allemande Souvenirs de l'invasion de D'après les notes d'un habitant de Bourron transcrites par Isidore Lenoble. Pendant la malheureuse guerre de , Bourron eut à subir continuellement, pendant près de six mois, des passages et des logements de troupes allemandes. Il eut, en outre, à fournir de nombreuses réquisitions et à payer des sommes d'argent comme contributions de guerre.

Le relevé officiel des frais occasionnés par l'occupation allemande pour la commune de Bourron accuse d'une dépense de La première apparition des Prussiens à Bourron eut lieu le 22 septembre C'était un détachement de hommes de la garde royale de Bavière qui marchait sur la Loire, après la capitulation de Sedan. Dans la montagne sableuse, la route avait été interceptée par des abattis d'arbres, par des tranchées et des barricades de pavés.

Les Prussiens sommèrent les habitants de Bourron d'aller à la hâte enlever les barricades et combler les tranchées. Les coups de crosse de fusils et de plats de sabre pleuvaient sur ces pauvres enfants de la France, que nos cruels envahisseurs obligeaient, sous peine de mort, à travailler contre leur patrie et qu'ils fusillaient s'ils osaient travailler pour elle. La seconde invasion eut lieu le 14 septembre C'était un mélange habilement combiné de Westphaliens, de Hessois, de Hanovriens, de Wurtemburgeois, de Sleswig-Holsteins, etc.

La première invasion n'avait été qu'une ondée, celle-ci fut un déluge. La commune fut écrasée à la fois par le nombre de ces tristes ennemis, par leurs exigences, leurs brutalités et leur rapacité. Chefs et soldats rivalisèrent d'insolences et d'odieuses vexations. Le Général Chanzy qui commandait l'armée de la Loire, luttait avantageusement contre le prince Frédéric Charles et faisait beaucoup de mal à l'armée prussienne.

Celle-ci ayant besoin de renforts, un corps de 30 à Une portion considérable de ce détachement appartenait à l'armée royale de Prusse. Bourron fut encore envahie le 3 Janvier par 4 à de ces Prussiens commandés par le Général Koblinski, polonais de nation. Généralement, les habitants eurent moins à se plaindre, cette fois, des brutalités et des déprédations des soldats allemands.

Néanmoins, comme dans les autres invasions les maisons abandonnées de leurs habitants furent littéralement mises au pillage. L'autorité prussienne frappait les communes de contributions exorbitantes.

Bourron qui ne versa effectivement que francs était imposé à plus de Quelques communes se sont hâtées de tout payer pour se libérer et se mettre à l'abri des vexations ennemies. Mais pour qui connaissait les Prussiens, c'était une naïve générosité, car plus on leur donnait plus on aiguillonnait leur cupidité. Les communes qui ont eu la fermeté de résister sans s'effrayer des instances de l'ennemi, ont pu sauver leurs écus, mais il faut dire aussi que le plus souvent le Maire et quelques notables étaient emmenés en prison par les Prussiens avec menaces d'être transportés en Allemagne.

C'est ainsi que le mercredi 22 février, les Prussiens stationnant à Fontainebleau viennent réclamer une somme de 7. Guyou, Président de la Commission municipale, déclare qu'il n'a entre les mains que francs; il consent à les leur verser, mais à la condition qu'ils n'emmèneront aucun otage.

Les Prussiens reçoivent cette somme et disent ensuite au Maire: Berger, rentier, étant venu sans défiance parler à M. Guyou fut emmené prisonnier avec lui. L'aumônier parcourant Bourron et Marlotte fait un appel aux hommes de bonne volonté et les invite à se joindre à lui pour aller à Fontainebleau redemander à l'autorité prussienne le Maire de la commune.

En effet, vers 2 heures de l'après-midi, près d'une centaine d'hommes tant de Marlotte que de Bourron se trouvent au rendez-vous indiqué sur la place publique à Bourron et partent en corps pour Fontainebleau. Sur la route, avant d'être en vue de l'obélisque, où se trouvait un poste de sentinelles prussiennes, il se divisent par groupes de 8 et 10 et se séparent pour entrer dans la ville par différentes portes, sans exciter l'éveil des factionnaires, se donnant rendez-vous sur la place de la sous-préfecture où résidait le commandant prussien.

Otages de Bourron à la prison de Fontainebleau en Malheureusement, ce commandant qui prenait le titre de sous-préfet était parti à Melun d'où il ne devait rentrer que le lendemain.

Pougeois et Noret membre de la commission municipale de Bourron se présentèrent chez l'adjudant M. L'officier se montra on ne peut plus poli et respectueux pour les solliciteurs, mais il déclara qu'en l'absence du sous-préfet, il n'était que le gardien des prisonniers et qu'il ne pouvait, de sa propre autorité prononcer leur mise en liberté.

Il offrit aux délégués de Bourron un permis pour visiter les prisonniers, ce qu'ils firent avec empressement. Ils trouvèrent à la prison, avec M. Guyou et Berger, M. Roux, président de la commission municipale de Nemours, M. Lavaurs, Maire de Montigny sur Loing. Ils rendirent compte à M. La démarche eut le résultat souhaité, le lendemain, au retour du sous-préfet prussien, M. Guyou fut renvoyé à Bourron. Berger fut gardé en prison pendant huit jours. Après les préliminaires de paix ratifiés le 1er mars par l'Assemblée nationale de Bordeaux, Bourron logea successivement trois détachements de troupes prussiennes se retirant vers l'est et 22 mars Pendant l'invasion, pour soustraire leurs animaux à la rapacité des ennemis, les habitants de Bourron et de Marlotte avaient préparé des cabanes dans les rochers de la forêt.

On en construisit un certain nombre dans les bois dépendant du château, entre Bourron et Recloses; mais les plus nombreuses, les plus vastes et les mieux conditionnées se trouvaient parmi les rochers abrupts et solitaires du Long-Rocher, sur les confins de Marlotte et de Montigny.

Ces cabanes étaient solidement construites avec des arbres, des branches et du gazon et resteront probablement longtemps visibles pour la curiosité des âges à venir. Dans les jours où l'arrivée subite des Prussiens était à craindre, les hommes, les femmes et même les jeunes filles quittaient leurs maisons avant l'aurore, partaient dans les bois avec les chevaux et les vaches.

On se souviendra longtemps à Bourron de l'invasion de Denis de Chailly de à Abbé Souillard, curé de à Abbé Jacques Labbé, curé de à ? Abbé Roquignot, curé de ? Abbé Pierre Rousset, curé de Bourron de à Abbé Lacorrège, curé de à Abbé Jean Oudin, , curé de à Abbé Louis-Alexandre Pougeois, curé de à L'existence d'un église à Bourron, au même emplacement, près de la demeure seigneuriale et de la source, remonte au Moyen-Âge.

L'abbé Villemin fait remonter son origine au Xe siècle; Albert Bray, architecte des Monuments historiques précise qu'elle date probablement de la seconde moitié du Xe siècle. Selon les travaux de M. Patin, l'église Saint-Sévère s'élèverait à l'intersection de deux axes de l'ancienne cadastration romaine et se trouve orientée selon ces axes. Il se peut donc qu'elle ait été construite sur l'emplacement d'un ancien monument gallo-romain.

L'Orgue de Bourron L'église Saint-Sévère possédait un orgue de 10 jeux sur 2 claviers et un pédalier construit à partir d'éléments anciens par Bernard Dargassies qui fut inauguré en par Anne-Marie Barat. Au fil des ans, cet orgue subit les rigueurs du temps dans une église mal chauffée et n'offrit plus aux organistes qui venaient jouer sur ses claviers l'excellence souhaitable.

La Mairie, quelques associations dynamiques et motivées s'associèrent pour l'acquisition et l'installation d'un nouvel instrument digne de la tradition de notre village d'art. Cet orgue de 15 jeux sur 2 claviers et pédalier, d'esthétique romantique allemande, a été construit par le facteur d'orgues Yves Fossaert de Mondreville Sa bénédiction eut lieu le Samedi 7 Décembre et fut suivie d'un magnifique récital joué à 4 mains par Marie-Ange Leurent et Eric Lebrun. Orgue de Bourron Nouvel orgue de Bourron-Marlotte Sans doute, ce prestigieux instrument suscitera-t-il de jeunes vocations dans notre village et alentour, comme au XIXe siècle des peintres unirent leurs talents pour former le célèbre "Groupe de Marlotte".

La tradition la fit naître en Sicile, au 4e siècle. Ayant refusé les avances d'un jeune homme épris de sa beauté elle s'enfuit loin de chez elle. A la mort de son père, à l'enterrement duquel elle voulut assister, sa mère voulut lui faire épouser un prince de Bretagne. Durant ce voyage elle fut capturées par les Huns avec ses compagnes, parmi lesquelles Sainte Ursule.

Avoye en sortit saine et sauve, mais captive d'un chef barbare qui souhaita la prendre pour épouse. Elle réussit à se libérer et s'en fut solitaire dans la région de Boulogne où sa beauté et sa charité firent "miracles et merveilles". Si belle que soit cette légende, elle n'est pas historique. Etudiant en droit, il devint avocat à Bordeaux avant de séjourner à Toulouse où il entama une carrière prometteuse.

Affligé par la mort prématurée de son épouse qu'il chérissait, il se retira dans un ermitage près de Béziers, vivant en ascète, avant d'entreprendre des études de théologie dans un couvent de Marseille. Ordonné prêtre, il se rendit auprès de saint Martin de Tours dont il fut le disciple et le biographe. En réalité la plupart des villages en lisière de forêt que nous allons visiter ont été habités par de petits groupes d'artistes et d'écrivains qui participèrent au rayonnement de cette entreprise artistique et littéraire dont le siège social se trouvait dans les sentes et les clairières du massif de Fontainebleau.

Dès , Corot et son ami Michallon - ils avaient tous deux vingt-cinq ans - y séjournèrent, et peignirent les premiers paysages connus de la Gorge aux Loups et de La Mare aux Fées. Caruelle d'Aligny, le richard de la bande, partageait son temps entre Barbizon et Marlotte, où il fit construire une maison qui fut reprise par Corot.

Olivier de Penne, peintre animalier connu pour ses scènes de chasse, y passa ses dernières années. Alfred de Musset y vint fréquemment entre et L'auteur de La vie de Bohème, généralement accompagné d'une grisette, bien entendu, fut une des personnalités marquantes et accueillante du pays. Son enthousiasme, entretenu par de grandes rasades de café et d'alcool, était communicatif; on vit débarquer des bandes joyeuses de romanciers, de musiciens et de poètes. Théodore de Banville, puis François Coppée y passaient leurs vacances.

Zola écrivit L'Assommoir à l'auberge de la mère Anthony dont la fille passe pour avoir inspiré le personnage de Nana. C'est à Marlotte que, selon la tradition, Jules Renard aurait écrit Poil de carotte. L'école du village porte d'ailleurs son nom. Au cours de l'été , Octave Mirbeau effectue une randonnée à pied entre Bourron-Marlotte et Bourbon l'Archambault, escapade qu'il évoque dans Sac au dos.

Paul et Victor Margueritte y possédaient une villa où s'élaboraient leurs romans à succès. En , dans une lettre à sa mère, Ludovic Halévy écrit: Nous sommes arrivés hier à cinq heures. Murger et Paul Dhormoys nous attendaient sur la route. Nous avons quitté la patache qui nous cahotait depuis une heure à travers la forêt et nous avons fait notre entrée dans le village au milieu d'une belle haie de vilains chiens qui sortaient par bandes des ruelles et des maisons.

Les Parisiens étaient réunis chez le charron. C'est le personnage le plus important de l'endroit. Il tient un cabaret qui est le Café Anglais de Marlotte et j'y ai découvert l'élixir de Lamartine. C'est une manière de curaçao contenu dans une bouteille sur laquelle est collée une étiquette dont le style du chantre d'Elvire fait tous les frais.

Le grand homme écrit à l'inventeur de cette drogue que sa découverte est admirable, qu'il n'y a pas de liqueur comparable à sa liqueur Je te dis la vraie vérité.

Voilà le punch Grassot et le vermouth Lassagne bien dépassés. Mais je reviens à mon charron qui porte le nom poétique d'Anthony. Étaient présents à son cabaret écoute bien ces grands noms Gomsey fils, peintre; Sainte-Marie, idem; Lefèvre, Daumier fils, idem; Chabouillé, architecte; Murger, Dhormoys, Busnach et moi nous avons complété le groupe qui, tu le vois, réunissait les gloires les plus pures et les plus incontestées de la France.

Le pays est charmant et si vous habitiez une de ces cabanes que j'ai là devant les yeux, au milieu des plus beaux arbres du monde, c'est dans un trou comme celui-ci que j'aurais grand besoin de passer un grand mois. Mais comme vous êtes à Auteuil, comme il y a un Moniteur de l'Algérie qui m'attend, je partirai mercredi matin pour dîner le soir avec vous et reprendre jeudi mon train-train de bureaucrate.

Les deux premiers vivent dans l'aisance, Renoir est presque dans la misère. Il lui arrive de venir de Paris à Marlotte à pied. Dormant le soir dans une grange. Le trio est inséparable. Ils partent pour de grandes randonnées à travers la forêt, vers Recloses, Milly, le château de Courances. Jeune homme se promenant dans la forêt de Fontainebleau À droite: Lorsqu'il meurt en , dans sa maison de Moret, Cézanne avait déjà, à plusieurs reprises, pris le chemin de Marlotte, comme s'il fallait assurer le relai.

Une église du XVe siècle est juchée sur un promontoire où l'on accède par des escaliers. Les anciennes maisons rurales font bon ménage avec celles qui ont été bâties sans tapage par des Parisiens épris de verdure et de repos champêtre. Ce n'est point la banlieue.

Jardins mystérieux, terrasses fleuries sur la rivière, tout y dit les plaisirs tranquilles. Le XIXe siècle n'y a pas fait étalage de ses ridicules et de ses ostentations. Ce bourg, entre Paris et Fontainebleau, est célèbre par la curieuse histoire du marquis de Brunoy, gentilhomme fort riche et fort extravagant , disent les chroniques du temps. A dix ans, le gamin donna un coup de couteau à son percepteur qui lui faisait une observation et ce geste fut accompli en présence de vingt convives rassemblés autour de la table paternelle.

Le marquis se maria à vingt ans et sitôt après la messe ne voulut jamais revoir sa femme. Son goût préféré était l'organisation de somptueuses processions religieuses; il habillait les prêtres et les paysans de chasubles luxueuses y déployant un faste inouï, il régalait tout le monde, paysans comme grands seigneurs et la procession se terminait par une immense orgie.

Il fit décorer l'église paroissiale comme un salon ou un boudoir de dame. Mais il mit le comble à ses extravagances, à la mort de son père tué par le chagrin que lui causa sa méconduite. Six aunes de la même étoffe furent distribuées à chaque habitant, les arbres portèrent des pleureuses.

Voulant donner à son château quelque chose de l'aspect qu'offre le cheval qui suit le convoi funèbre de son maître, il le couvrit d'un immense crêpe. Le canal coula de l'encre au lieu de l'eau et il poussa la frénésie du deuil jusqu'à s'informer, auprès d'un célèbre chimiste, des moyens qui existaient pour obtenir des chevaux des sécrétions lugubres. Bref, il voulut et il obtint, que ses chevaux pissassent noir. Détesté des seigneurs, il annoblit ses valets et ses serviteurs: La procession de la Fête-Dieu du 17 juillet dépassa toutes les orgies précédentes.

Le vin y coulait en fontaine. On établira en terre trois puits qu'on emplit de limonade. D'immenses bassins furent installés pour y puiser de la confiture; le marquis acheta vingt-cinq mille pots de fleurs et loua la présence de cent-cinquante prêtres, à plus de dix lieues à la ronde.

Cette procession fut sa perte; après bien des vicissitudes, Brunoy fut acquis par le comte de Provence, père de Louis XVI, et le malheureux marquis d'abord réfugié chez son ami François de Varennes au château de Bourron, mourut à Saint-Germain-en-Laye à trente-trois ans, victime d'une lettre de cachet. Il y retourne, en , chargé par Colbert, ministre de Louis XIV, d'une mission d'achat de manuscrits.

Michel Wansleben ou Vansleb fut un personnage vraiment hors-série. Né en Thuringe en , fils d'un pasteur protestant, il fit de bonnes études à l'Université de Saxe, puis devint soldat, précepteur, commerçant, tout en étudiant avec ardeur les langues orientales. Enfin, il fut chargé d'une mission en Orient par le souverain de Saxe. C'est pendant ce voyage qu'il se fit catholique, au Caire, puis il entra chez les Dominicains à Rome, dans ce couvent où Galilée avait été contraint d'abjurer ses convictions scientifiques.

Vansleb y travailla à ses récits de voyages et se perfectionna dans les langues orientales, domaine dans lequel il se fit rapidement une réputation européenne. Il lança à cet effet, vers l'Orient des dépisteurs de livres et de manuscrits rares.

Vansleb fut de ceux-là; pendant quatre ans, il parcourut tout l'Orient, non sans mésaventures: Colbert lui confia sans doute également une mission plus discrète: Dans son rapport, Michel Vansleb lui adressa un tableau très précis des denrées que l'on vend et achète à Alexandrie: On peut penser que certaines de ces démarches secrètes, avaient sans doute indisposé quelques puissants personnages qui s'en étaient plaints, et que Colbert l'avait froidement lâché.

Quoi qu'il en soit, le pauvre Vansleb, abandonné de tous, malade, sans ressources et las de se battre en vain pour son bon droit, finit par accepter les humbles fonctions de vicaire à Bourron, où il mourut en , à 44 ans. Son curé, qui connaissait son mérite, l'inhuma dans l'église. Apprenant que Vansleb avait fini sa vie à Bourron, Champollion-Figeac chargea le curé Pougeois de retrouver sa tombe, ce qui fut fait. Cette tombe fut restaurée en grâce à une subvention spéciale accordée par Napoléon III, et telle qu'on peut la voir aujourd'hui 1.

On a vu d'autre part comment l'abbé Pougeois, pris de la passion pour l'infortuné Vansleb, écrivit une biographie de son héros. Grâce à l'entremise d'Octave Feuillet, successeur de Champollion-Figeac à la bibliothèque impériale, l'abbé Pougeois reçut un don personnel de Napoléon III qui lui permit de publier son livre en En libre lecture sur: En fait, il réunit en sa personne toutes les qualités et tous les défauts de l'aristocratie de cette époque glorieuse de la monarchie.

Léger, persifleur, bretteur, arrogant, coureur, arriviste, sans scrupules, il se moque des autres tout en gardant sa petite personne insolente et futile en grande estime. Il court perpétuellement après une sinécure, une protection, une prébende, une citadelle à prendre qu'elle soit féminine ou ennemie. Courageux, téméraire, paresseux, veinard, vantard, scandaleux, tapeur, volage, il trousse allègrement l'aimable cotillon à sa portée, et, de sa manière élégante et subtile de jolies épigrammes, égratignant chacun d'un bon mot pour le plaisir.

Bussy n'est point sot, mais vain. Il n'est point bête, mais suffisant. Vénal certes mais comme tous ceux de son rang qui vivent au-dessus de leurs moyens. Il s'acoquine volontiers, sans y trouver à redire ou se le reprocher, avec de franches canailles. Jeune il voulait être un "honnête homme", la vie l'ayant malmené, cabossé, il ne parvient même pas à être un homme honnête selon les canons pourtant très lâches de son siècle. Il méprise ceux qui réussissent comme Turenne, qui le lui rend bien ou Créqui qu'il diffame.

Il admire les puissants de la politique et de la finance aux basques desquels il s'accroche Mais le comte de Bussy n'est pas sérieux, il n'inspire pas confiance, il n'est fidèle ni en amour ni en amitié.

Même sa cousine Mme de Sévigné que son bel esprit amusait fort, le laissa tomber après avoir lu le cruel portrait qu'il fit à ses dépens, dans la Vie amoureuse des Gaules. Pourtant ce gentilhomme a de nombreux atouts dans son jeu. Ses malheurs et ses vicissitudes lui attirent la sympathie des dames. Il plaît, il séduit, il a beaucoup de chance en amour et une veine insolente au jeu. Son verbe a du panache, il écrit avec talent, parle avec esprit, même s'il emprunte beaucoup aux autres.

L'Académie, pour embêter le roi son protecteur, l'élit parmi les siens en L'une des faces cachées, obscures de ce courtisan, celle qui l'empêchera toute sa vie de parvenir aux emplois éminents que son talent méritait, demeure moins connue: Espion né, amateur des bas-fonds, Bussy aime à utiliser la crapule pour faciliter ses desseins, n'hésitant pas à protéger les pires criminels qu'il utilise au service de son immense ambition toujours déçue.

Les puissants, ceux qui savent, qui dirigent, qui connaissent sa personnalité secrète se méfient de lui, ne lui accordent aucune confiance. Une anecdote révélatrice de ce défaut eut pour cadre notre région et particulièrement le Pavé du Roy à Bourron.

Bussy, dans ses Mémoires , y fait d'ailleurs une brève allusion. Le comte utilisait volontiers des espions à sa solde et à sa botte, hommes choisis pour leur courage, leur astuce, leur débrouillardise. Bref, il préférait employer de franches et astucieuses crapules, des hommes de main sans foi ni loi, plutôt que d'honnêtes gens simples et droits, tout dévoués à sa personne, mais qu'il considérait comme des benêts. Bussy ne savait ni garder sa langue ni un secret. Sa passion du bon mot à double-sens, du persiflage, de la plaisanterie méchante, du libertinage graveleux, lui attiraient inimitié et méfiance de la part des victimes de ses badineries Il est vrai que pour nouer des intrigues avec le Cardinal de Mazarin et le superintendant Fouquet, enlever de riches héririères tout en séduisant leurs chambrières, réussir à mener à bien des missions secrètes de haute et basse politique, il fallait être doué d'une redoutable adresse.

D'un sens inné du magouillage. Rester, en ces temps de guerres civiles, l'ami du Prince de Condé allié aux réformés tout en ne s'aliénant pas trop la confiance des puissants et de l'Église, exigeait un doigté et un sang-froid à toute épreuve ainsi que la complicité de hardis spadassins à sa botte. L'un de ses plus habiles sicaires était un dénommé Grandchamp. Il m'avait servi d'écuyer depuis jusqu'en , que son ivrognerie m'obligea à m'en défaire; mais comme j'avais toujours reconnu en lui beaucoup d'amitié pour moi, je le fis entrer dans la compagnie des chevau-légers de la garde En tout cas, Grandchamp et Forestier échangeaient volontiers les crimes prémédités ou l'exécution de leurs coups tordus pour mieux brouiller les pistes.

Les deux compères abandonnaient les cadavres de leurs forfaits aux fauves de la Forêt de Fontainbleau ou aux écrevisses du Loing, dissimulant leurs armes et leur butin dans d'inaccessibles grottes. Forestier, un être fruste sans instruction mais d'une grande cruauté fut pris le premier, condamné à être roué vif et exécuté publiquement sur la place de Nemours.

Ayant appris son supplice, Grandchamp prit peur, car rares étaient les criminels qui ne parlaient pas sous la torture. Il n'osa parler de ses craintes à Bussy qui, ignorant tout de l'affaire, l'envoya en ambassade à la Cour qui se tenait à Fontainebleau pour suivre une intrigue en cours auprès du Cardinal et d'y attendre sa réponse.

Le Roi ayant regagné Paris, la Cour l'y suivit. Mais il fut pris, avec deux poignards dans ses poches, mené à Nemours et roué comme Forestier après avoir confessé beaucoup de crimes. Serviteur dévoué de la langue et de la culture françaises, il souhaita que dans le Dictionnaire les jugements et définitions fussent appuyés sur des citations de bons auteurs.

Mais déçu par la lenteur avec laquelle l'Académie travaillait à son élaboration et le refus des académiciens d'inclure des citations précises dans leur ouvrage, Patru s'en éloigna et collabora à celui de son ami Pierre Richelet. Le Dictionnaire des mots et des choses publié à Genève en chez Jean Herman Widerhold obtint un immense succès malgré son interdiction de diffusion en France.

Comme son collègue et ami l'historien François Eudes de Mézeray, il était réfractaire à toute étiquette, refusant de se plier aux bassesses de la courtisanerie.

Vivant dans la plus grande simplicité parmi ses livres et ses amis, Patru, la vieillesse venue, se retira dans sa modeste maison de campagne de Bourron, loin de l'Académie. Sainte-Beuve raconte que lorsque la bibliothèque et les meubles de l'académicien allaient être vendus au bénéfice d'un créancier, Boileau les racheta, exigeant qu'il en conservât la jouissance.

Voltaire a dit à son sujet: C'était l'été, je me ravitaillai en pain, fromage, raisin et lait dans une épicerie et dormis en dehors du village, sur le sable fin d'une grotte de la forêt, avec mon vélo. Au petit matin, j'y découvris une jolie pierre taillée, en forme de silex, porte-bonheur qui m'accompagna tout au long de ma vie. Enthousiasmé par l'harmonie et la beauté des rochers, Gigi y entraîna un jour son ami Henry Moore le grand sculpteur anglais. Époustouflés, les deux artistes recherchèrent dans la région une grange où sculpter le grès.

Ayant jeté leur dévolu sur un hangar délabré proche de la gare de Bourron, ils durent renoncer à leur projet. En effet, la protection de la nature interdisait depuis quelques décennies d'extraire des blocs de rocher de la forêt. Ils tournèrent l'interdit en sculptant sur place, à même les rochers de la forêt, à l'aide d'un burin et d'un maillet, de jolis bas reliefs, corrigeant ainsi les formes naturelles pour les rendre "signifiantes" comme disent les spécialistes dans leur jargon. De retour dans son atelier du Passage du Maine , aujourd'hui musée, Gigi sculpta un magnifique cendrier dans un éclat de marbre, rappelant celui de la forêt, qu'il m'offrit en souvenir de notre escapade.

Hélas pour lui, le tir semble imprécis et les canons français ripostent. Sans doute va-t-on maintenant passer aux choses sérieuses. Il les fait mettre en colonnes, comme s'il allait ordonner l'attaque. Il brandit au bout du sabre son chapeauet crie: Les Prussiens, pourtant, ne bougent pas. Etonnés, les Français restent donc seuls maîtres du terrain. La question est simple: On en cherche vainement la réponse dans le compte-rendu officiel paru à Berlin quelques jours plus tard: Il en faut certainement de sérieux!

La résistance de paysans sans-culotte? Quatre jours avant la bataille, en effet, un vol spectaculaire a eu lieu au garde-meuble: Bref, tout cela ne nous éclaire guère, reconnaissons-le. Valmy, thèse officielle, thèses confidentielles. Dans son article, Lenotre met en perspective: Il est mort en En , Frédéric-Guillaume II marche avec les armées prussiennes à la rencontre des troupes françaises.

En attendant de se battre, on organise divers festivités pour fêter la prochaine défaite des Français.

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C'est ainsi que le mercredi 22 février, les Prussiens stationnant à Fontainebleau viennent réclamer une somme de 7. Guyou, Président de la Commission municipale, déclare qu'il n'a entre les mains que francs; il consent à les leur verser, mais à la condition qu'ils n'emmèneront aucun otage. Les Prussiens reçoivent cette somme et disent ensuite au Maire: Berger, rentier, étant venu sans défiance parler à M. Guyou fut emmené prisonnier avec lui.

L'aumônier parcourant Bourron et Marlotte fait un appel aux hommes de bonne volonté et les invite à se joindre à lui pour aller à Fontainebleau redemander à l'autorité prussienne le Maire de la commune. En effet, vers 2 heures de l'après-midi, près d'une centaine d'hommes tant de Marlotte que de Bourron se trouvent au rendez-vous indiqué sur la place publique à Bourron et partent en corps pour Fontainebleau.

Sur la route, avant d'être en vue de l'obélisque, où se trouvait un poste de sentinelles prussiennes, il se divisent par groupes de 8 et 10 et se séparent pour entrer dans la ville par différentes portes, sans exciter l'éveil des factionnaires, se donnant rendez-vous sur la place de la sous-préfecture où résidait le commandant prussien.

Otages de Bourron à la prison de Fontainebleau en Malheureusement, ce commandant qui prenait le titre de sous-préfet était parti à Melun d'où il ne devait rentrer que le lendemain. Pougeois et Noret membre de la commission municipale de Bourron se présentèrent chez l'adjudant M. L'officier se montra on ne peut plus poli et respectueux pour les solliciteurs, mais il déclara qu'en l'absence du sous-préfet, il n'était que le gardien des prisonniers et qu'il ne pouvait, de sa propre autorité prononcer leur mise en liberté.

Il offrit aux délégués de Bourron un permis pour visiter les prisonniers, ce qu'ils firent avec empressement. Ils trouvèrent à la prison, avec M. Guyou et Berger, M. Roux, président de la commission municipale de Nemours, M. Lavaurs, Maire de Montigny sur Loing. Ils rendirent compte à M. La démarche eut le résultat souhaité, le lendemain, au retour du sous-préfet prussien, M.

Guyou fut renvoyé à Bourron. Berger fut gardé en prison pendant huit jours. Après les préliminaires de paix ratifiés le 1er mars par l'Assemblée nationale de Bordeaux, Bourron logea successivement trois détachements de troupes prussiennes se retirant vers l'est et 22 mars Pendant l'invasion, pour soustraire leurs animaux à la rapacité des ennemis, les habitants de Bourron et de Marlotte avaient préparé des cabanes dans les rochers de la forêt.

On en construisit un certain nombre dans les bois dépendant du château, entre Bourron et Recloses; mais les plus nombreuses, les plus vastes et les mieux conditionnées se trouvaient parmi les rochers abrupts et solitaires du Long-Rocher, sur les confins de Marlotte et de Montigny.

Ces cabanes étaient solidement construites avec des arbres, des branches et du gazon et resteront probablement longtemps visibles pour la curiosité des âges à venir. Dans les jours où l'arrivée subite des Prussiens était à craindre, les hommes, les femmes et même les jeunes filles quittaient leurs maisons avant l'aurore, partaient dans les bois avec les chevaux et les vaches.

On se souviendra longtemps à Bourron de l'invasion de Denis de Chailly de à Abbé Souillard, curé de à Abbé Jacques Labbé, curé de à ? Abbé Roquignot, curé de ?

Abbé Pierre Rousset, curé de Bourron de à Abbé Lacorrège, curé de à Abbé Jean Oudin, , curé de à Abbé Louis-Alexandre Pougeois, curé de à L'existence d'un église à Bourron, au même emplacement, près de la demeure seigneuriale et de la source, remonte au Moyen-Âge.

L'abbé Villemin fait remonter son origine au Xe siècle; Albert Bray, architecte des Monuments historiques précise qu'elle date probablement de la seconde moitié du Xe siècle. Selon les travaux de M. Patin, l'église Saint-Sévère s'élèverait à l'intersection de deux axes de l'ancienne cadastration romaine et se trouve orientée selon ces axes.

Il se peut donc qu'elle ait été construite sur l'emplacement d'un ancien monument gallo-romain. L'Orgue de Bourron L'église Saint-Sévère possédait un orgue de 10 jeux sur 2 claviers et un pédalier construit à partir d'éléments anciens par Bernard Dargassies qui fut inauguré en par Anne-Marie Barat. Au fil des ans, cet orgue subit les rigueurs du temps dans une église mal chauffée et n'offrit plus aux organistes qui venaient jouer sur ses claviers l'excellence souhaitable.

La Mairie, quelques associations dynamiques et motivées s'associèrent pour l'acquisition et l'installation d'un nouvel instrument digne de la tradition de notre village d'art. Cet orgue de 15 jeux sur 2 claviers et pédalier, d'esthétique romantique allemande, a été construit par le facteur d'orgues Yves Fossaert de Mondreville Sa bénédiction eut lieu le Samedi 7 Décembre et fut suivie d'un magnifique récital joué à 4 mains par Marie-Ange Leurent et Eric Lebrun.

Orgue de Bourron Nouvel orgue de Bourron-Marlotte Sans doute, ce prestigieux instrument suscitera-t-il de jeunes vocations dans notre village et alentour, comme au XIXe siècle des peintres unirent leurs talents pour former le célèbre "Groupe de Marlotte". La tradition la fit naître en Sicile, au 4e siècle. Ayant refusé les avances d'un jeune homme épris de sa beauté elle s'enfuit loin de chez elle.

A la mort de son père, à l'enterrement duquel elle voulut assister, sa mère voulut lui faire épouser un prince de Bretagne. Durant ce voyage elle fut capturées par les Huns avec ses compagnes, parmi lesquelles Sainte Ursule. Avoye en sortit saine et sauve, mais captive d'un chef barbare qui souhaita la prendre pour épouse. Elle réussit à se libérer et s'en fut solitaire dans la région de Boulogne où sa beauté et sa charité firent "miracles et merveilles".

Si belle que soit cette légende, elle n'est pas historique. Etudiant en droit, il devint avocat à Bordeaux avant de séjourner à Toulouse où il entama une carrière prometteuse. Affligé par la mort prématurée de son épouse qu'il chérissait, il se retira dans un ermitage près de Béziers, vivant en ascète, avant d'entreprendre des études de théologie dans un couvent de Marseille.

Ordonné prêtre, il se rendit auprès de saint Martin de Tours dont il fut le disciple et le biographe. En réalité la plupart des villages en lisière de forêt que nous allons visiter ont été habités par de petits groupes d'artistes et d'écrivains qui participèrent au rayonnement de cette entreprise artistique et littéraire dont le siège social se trouvait dans les sentes et les clairières du massif de Fontainebleau.

Dès , Corot et son ami Michallon - ils avaient tous deux vingt-cinq ans - y séjournèrent, et peignirent les premiers paysages connus de la Gorge aux Loups et de La Mare aux Fées. Caruelle d'Aligny, le richard de la bande, partageait son temps entre Barbizon et Marlotte, où il fit construire une maison qui fut reprise par Corot.

Olivier de Penne, peintre animalier connu pour ses scènes de chasse, y passa ses dernières années. Alfred de Musset y vint fréquemment entre et L'auteur de La vie de Bohème, généralement accompagné d'une grisette, bien entendu, fut une des personnalités marquantes et accueillante du pays. Son enthousiasme, entretenu par de grandes rasades de café et d'alcool, était communicatif; on vit débarquer des bandes joyeuses de romanciers, de musiciens et de poètes.

Théodore de Banville, puis François Coppée y passaient leurs vacances. Zola écrivit L'Assommoir à l'auberge de la mère Anthony dont la fille passe pour avoir inspiré le personnage de Nana. C'est à Marlotte que, selon la tradition, Jules Renard aurait écrit Poil de carotte. L'école du village porte d'ailleurs son nom. Au cours de l'été , Octave Mirbeau effectue une randonnée à pied entre Bourron-Marlotte et Bourbon l'Archambault, escapade qu'il évoque dans Sac au dos.

Paul et Victor Margueritte y possédaient une villa où s'élaboraient leurs romans à succès. En , dans une lettre à sa mère, Ludovic Halévy écrit: Nous sommes arrivés hier à cinq heures. Murger et Paul Dhormoys nous attendaient sur la route. Nous avons quitté la patache qui nous cahotait depuis une heure à travers la forêt et nous avons fait notre entrée dans le village au milieu d'une belle haie de vilains chiens qui sortaient par bandes des ruelles et des maisons.

Les Parisiens étaient réunis chez le charron. C'est le personnage le plus important de l'endroit. Il tient un cabaret qui est le Café Anglais de Marlotte et j'y ai découvert l'élixir de Lamartine. C'est une manière de curaçao contenu dans une bouteille sur laquelle est collée une étiquette dont le style du chantre d'Elvire fait tous les frais.

Le grand homme écrit à l'inventeur de cette drogue que sa découverte est admirable, qu'il n'y a pas de liqueur comparable à sa liqueur Je te dis la vraie vérité. Voilà le punch Grassot et le vermouth Lassagne bien dépassés. Mais je reviens à mon charron qui porte le nom poétique d'Anthony. Étaient présents à son cabaret écoute bien ces grands noms Gomsey fils, peintre; Sainte-Marie, idem; Lefèvre, Daumier fils, idem; Chabouillé, architecte; Murger, Dhormoys, Busnach et moi nous avons complété le groupe qui, tu le vois, réunissait les gloires les plus pures et les plus incontestées de la France.

Le pays est charmant et si vous habitiez une de ces cabanes que j'ai là devant les yeux, au milieu des plus beaux arbres du monde, c'est dans un trou comme celui-ci que j'aurais grand besoin de passer un grand mois.

Mais comme vous êtes à Auteuil, comme il y a un Moniteur de l'Algérie qui m'attend, je partirai mercredi matin pour dîner le soir avec vous et reprendre jeudi mon train-train de bureaucrate.

Les deux premiers vivent dans l'aisance, Renoir est presque dans la misère. Il lui arrive de venir de Paris à Marlotte à pied. Dormant le soir dans une grange. Le trio est inséparable. Ils partent pour de grandes randonnées à travers la forêt, vers Recloses, Milly, le château de Courances. Jeune homme se promenant dans la forêt de Fontainebleau À droite: Lorsqu'il meurt en , dans sa maison de Moret, Cézanne avait déjà, à plusieurs reprises, pris le chemin de Marlotte, comme s'il fallait assurer le relai.

Une église du XVe siècle est juchée sur un promontoire où l'on accède par des escaliers. Les anciennes maisons rurales font bon ménage avec celles qui ont été bâties sans tapage par des Parisiens épris de verdure et de repos champêtre. Ce n'est point la banlieue. Jardins mystérieux, terrasses fleuries sur la rivière, tout y dit les plaisirs tranquilles. Le XIXe siècle n'y a pas fait étalage de ses ridicules et de ses ostentations.

Ce bourg, entre Paris et Fontainebleau, est célèbre par la curieuse histoire du marquis de Brunoy, gentilhomme fort riche et fort extravagant , disent les chroniques du temps.

A dix ans, le gamin donna un coup de couteau à son percepteur qui lui faisait une observation et ce geste fut accompli en présence de vingt convives rassemblés autour de la table paternelle. Le marquis se maria à vingt ans et sitôt après la messe ne voulut jamais revoir sa femme. Son goût préféré était l'organisation de somptueuses processions religieuses; il habillait les prêtres et les paysans de chasubles luxueuses y déployant un faste inouï, il régalait tout le monde, paysans comme grands seigneurs et la procession se terminait par une immense orgie.

Il fit décorer l'église paroissiale comme un salon ou un boudoir de dame. Mais il mit le comble à ses extravagances, à la mort de son père tué par le chagrin que lui causa sa méconduite. Six aunes de la même étoffe furent distribuées à chaque habitant, les arbres portèrent des pleureuses.

Voulant donner à son château quelque chose de l'aspect qu'offre le cheval qui suit le convoi funèbre de son maître, il le couvrit d'un immense crêpe. Le canal coula de l'encre au lieu de l'eau et il poussa la frénésie du deuil jusqu'à s'informer, auprès d'un célèbre chimiste, des moyens qui existaient pour obtenir des chevaux des sécrétions lugubres.

Bref, il voulut et il obtint, que ses chevaux pissassent noir. Détesté des seigneurs, il annoblit ses valets et ses serviteurs: La procession de la Fête-Dieu du 17 juillet dépassa toutes les orgies précédentes.

Le vin y coulait en fontaine. On établira en terre trois puits qu'on emplit de limonade. D'immenses bassins furent installés pour y puiser de la confiture; le marquis acheta vingt-cinq mille pots de fleurs et loua la présence de cent-cinquante prêtres, à plus de dix lieues à la ronde.

Cette procession fut sa perte; après bien des vicissitudes, Brunoy fut acquis par le comte de Provence, père de Louis XVI, et le malheureux marquis d'abord réfugié chez son ami François de Varennes au château de Bourron, mourut à Saint-Germain-en-Laye à trente-trois ans, victime d'une lettre de cachet.

Il y retourne, en , chargé par Colbert, ministre de Louis XIV, d'une mission d'achat de manuscrits. Michel Wansleben ou Vansleb fut un personnage vraiment hors-série. Né en Thuringe en , fils d'un pasteur protestant, il fit de bonnes études à l'Université de Saxe, puis devint soldat, précepteur, commerçant, tout en étudiant avec ardeur les langues orientales.

Enfin, il fut chargé d'une mission en Orient par le souverain de Saxe. C'est pendant ce voyage qu'il se fit catholique, au Caire, puis il entra chez les Dominicains à Rome, dans ce couvent où Galilée avait été contraint d'abjurer ses convictions scientifiques.

Vansleb y travailla à ses récits de voyages et se perfectionna dans les langues orientales, domaine dans lequel il se fit rapidement une réputation européenne. Il lança à cet effet, vers l'Orient des dépisteurs de livres et de manuscrits rares. Vansleb fut de ceux-là; pendant quatre ans, il parcourut tout l'Orient, non sans mésaventures: Colbert lui confia sans doute également une mission plus discrète: Dans son rapport, Michel Vansleb lui adressa un tableau très précis des denrées que l'on vend et achète à Alexandrie: On peut penser que certaines de ces démarches secrètes, avaient sans doute indisposé quelques puissants personnages qui s'en étaient plaints, et que Colbert l'avait froidement lâché.

Quoi qu'il en soit, le pauvre Vansleb, abandonné de tous, malade, sans ressources et las de se battre en vain pour son bon droit, finit par accepter les humbles fonctions de vicaire à Bourron, où il mourut en , à 44 ans.

Son curé, qui connaissait son mérite, l'inhuma dans l'église. Apprenant que Vansleb avait fini sa vie à Bourron, Champollion-Figeac chargea le curé Pougeois de retrouver sa tombe, ce qui fut fait. Cette tombe fut restaurée en grâce à une subvention spéciale accordée par Napoléon III, et telle qu'on peut la voir aujourd'hui 1. On a vu d'autre part comment l'abbé Pougeois, pris de la passion pour l'infortuné Vansleb, écrivit une biographie de son héros.

Grâce à l'entremise d'Octave Feuillet, successeur de Champollion-Figeac à la bibliothèque impériale, l'abbé Pougeois reçut un don personnel de Napoléon III qui lui permit de publier son livre en En libre lecture sur: En fait, il réunit en sa personne toutes les qualités et tous les défauts de l'aristocratie de cette époque glorieuse de la monarchie.

Léger, persifleur, bretteur, arrogant, coureur, arriviste, sans scrupules, il se moque des autres tout en gardant sa petite personne insolente et futile en grande estime. Il court perpétuellement après une sinécure, une protection, une prébende, une citadelle à prendre qu'elle soit féminine ou ennemie. Courageux, téméraire, paresseux, veinard, vantard, scandaleux, tapeur, volage, il trousse allègrement l'aimable cotillon à sa portée, et, de sa manière élégante et subtile de jolies épigrammes, égratignant chacun d'un bon mot pour le plaisir.

Bussy n'est point sot, mais vain. Il n'est point bête, mais suffisant. Vénal certes mais comme tous ceux de son rang qui vivent au-dessus de leurs moyens. Il s'acoquine volontiers, sans y trouver à redire ou se le reprocher, avec de franches canailles. Jeune il voulait être un "honnête homme", la vie l'ayant malmené, cabossé, il ne parvient même pas à être un homme honnête selon les canons pourtant très lâches de son siècle.

Il méprise ceux qui réussissent comme Turenne, qui le lui rend bien ou Créqui qu'il diffame. Il admire les puissants de la politique et de la finance aux basques desquels il s'accroche Mais le comte de Bussy n'est pas sérieux, il n'inspire pas confiance, il n'est fidèle ni en amour ni en amitié. Même sa cousine Mme de Sévigné que son bel esprit amusait fort, le laissa tomber après avoir lu le cruel portrait qu'il fit à ses dépens, dans la Vie amoureuse des Gaules.

Pourtant ce gentilhomme a de nombreux atouts dans son jeu. Ses malheurs et ses vicissitudes lui attirent la sympathie des dames. Il plaît, il séduit, il a beaucoup de chance en amour et une veine insolente au jeu. Son verbe a du panache, il écrit avec talent, parle avec esprit, même s'il emprunte beaucoup aux autres. L'Académie, pour embêter le roi son protecteur, l'élit parmi les siens en L'une des faces cachées, obscures de ce courtisan, celle qui l'empêchera toute sa vie de parvenir aux emplois éminents que son talent méritait, demeure moins connue: Espion né, amateur des bas-fonds, Bussy aime à utiliser la crapule pour faciliter ses desseins, n'hésitant pas à protéger les pires criminels qu'il utilise au service de son immense ambition toujours déçue.

Les puissants, ceux qui savent, qui dirigent, qui connaissent sa personnalité secrète se méfient de lui, ne lui accordent aucune confiance. Une anecdote révélatrice de ce défaut eut pour cadre notre région et particulièrement le Pavé du Roy à Bourron.

Bussy, dans ses Mémoires , y fait d'ailleurs une brève allusion. Le comte utilisait volontiers des espions à sa solde et à sa botte, hommes choisis pour leur courage, leur astuce, leur débrouillardise. Bref, il préférait employer de franches et astucieuses crapules, des hommes de main sans foi ni loi, plutôt que d'honnêtes gens simples et droits, tout dévoués à sa personne, mais qu'il considérait comme des benêts.

Bussy ne savait ni garder sa langue ni un secret. Sa passion du bon mot à double-sens, du persiflage, de la plaisanterie méchante, du libertinage graveleux, lui attiraient inimitié et méfiance de la part des victimes de ses badineries Il est vrai que pour nouer des intrigues avec le Cardinal de Mazarin et le superintendant Fouquet, enlever de riches héririères tout en séduisant leurs chambrières, réussir à mener à bien des missions secrètes de haute et basse politique, il fallait être doué d'une redoutable adresse.

D'un sens inné du magouillage. Rester, en ces temps de guerres civiles, l'ami du Prince de Condé allié aux réformés tout en ne s'aliénant pas trop la confiance des puissants et de l'Église, exigeait un doigté et un sang-froid à toute épreuve ainsi que la complicité de hardis spadassins à sa botte.

L'un de ses plus habiles sicaires était un dénommé Grandchamp. Il m'avait servi d'écuyer depuis jusqu'en , que son ivrognerie m'obligea à m'en défaire; mais comme j'avais toujours reconnu en lui beaucoup d'amitié pour moi, je le fis entrer dans la compagnie des chevau-légers de la garde En tout cas, Grandchamp et Forestier échangeaient volontiers les crimes prémédités ou l'exécution de leurs coups tordus pour mieux brouiller les pistes.

Les deux compères abandonnaient les cadavres de leurs forfaits aux fauves de la Forêt de Fontainbleau ou aux écrevisses du Loing, dissimulant leurs armes et leur butin dans d'inaccessibles grottes. Forestier, un être fruste sans instruction mais d'une grande cruauté fut pris le premier, condamné à être roué vif et exécuté publiquement sur la place de Nemours. Ayant appris son supplice, Grandchamp prit peur, car rares étaient les criminels qui ne parlaient pas sous la torture.

Il n'osa parler de ses craintes à Bussy qui, ignorant tout de l'affaire, l'envoya en ambassade à la Cour qui se tenait à Fontainebleau pour suivre une intrigue en cours auprès du Cardinal et d'y attendre sa réponse. Le Roi ayant regagné Paris, la Cour l'y suivit. Mais il fut pris, avec deux poignards dans ses poches, mené à Nemours et roué comme Forestier après avoir confessé beaucoup de crimes. Serviteur dévoué de la langue et de la culture françaises, il souhaita que dans le Dictionnaire les jugements et définitions fussent appuyés sur des citations de bons auteurs.

Mais déçu par la lenteur avec laquelle l'Académie travaillait à son élaboration et le refus des académiciens d'inclure des citations précises dans leur ouvrage, Patru s'en éloigna et collabora à celui de son ami Pierre Richelet. Le Dictionnaire des mots et des choses publié à Genève en chez Jean Herman Widerhold obtint un immense succès malgré son interdiction de diffusion en France.

Comme son collègue et ami l'historien François Eudes de Mézeray, il était réfractaire à toute étiquette, refusant de se plier aux bassesses de la courtisanerie. Vivant dans la plus grande simplicité parmi ses livres et ses amis, Patru, la vieillesse venue, se retira dans sa modeste maison de campagne de Bourron, loin de l'Académie.

Sainte-Beuve raconte que lorsque la bibliothèque et les meubles de l'académicien allaient être vendus au bénéfice d'un créancier, Boileau les racheta, exigeant qu'il en conservât la jouissance. Voltaire a dit à son sujet: C'était l'été, je me ravitaillai en pain, fromage, raisin et lait dans une épicerie et dormis en dehors du village, sur le sable fin d'une grotte de la forêt, avec mon vélo. Au petit matin, j'y découvris une jolie pierre taillée, en forme de silex, porte-bonheur qui m'accompagna tout au long de ma vie.

Enthousiasmé par l'harmonie et la beauté des rochers, Gigi y entraîna un jour son ami Henry Moore le grand sculpteur anglais. Époustouflés, les deux artistes recherchèrent dans la région une grange où sculpter le grès. Ayant jeté leur dévolu sur un hangar délabré proche de la gare de Bourron, ils durent renoncer à leur projet. En effet, la protection de la nature interdisait depuis quelques décennies d'extraire des blocs de rocher de la forêt.

Ils tournèrent l'interdit en sculptant sur place, à même les rochers de la forêt, à l'aide d'un burin et d'un maillet, de jolis bas reliefs, corrigeant ainsi les formes naturelles pour les rendre "signifiantes" comme disent les spécialistes dans leur jargon.

De retour dans son atelier du Passage du Maine , aujourd'hui musée, Gigi sculpta un magnifique cendrier dans un éclat de marbre, rappelant celui de la forêt, qu'il m'offrit en souvenir de notre escapade. Dans la Grotte Béatrix , l'ébauche d'un joli sein mignon et particulièment réussi incita Gigi à le baiser. C'est le sein de Vénus sortant de l'onde! Quant au Phallus de Zeus nous aimions beaucoup les expressions gréco-latines , je ne l'ai jamais retrouvé.

Je connais quelques endroits retirés de la forêt, notamment dans la Vallée Jauberton ou au Long-Rocher, où de graves archéologues prétendront découvrir des dessins vieux de milliers d'années, qui ne sont sans doute que les modestes amusements de deux grands sculpteurs modernes.

Henry Moore en visite chez Gigi dans son atelier de Massa-Carrare Au milieu des années 50 les deux artistes découvrent un jour l'immense sablière qui s'étend au sud de la forêt, entre Bourron et Recloses en lisière des Ventes Cumier. Ils y ramassent de superbes concrétions de sable aggloméré, délaissées par les pelleteuses de la carrière. Ils en recueillent avec soin quelques dizaines, s'émerveillent de leurs formes étranges que de minimes retouches rendent parfaites.

Un apprêt spécial et les voilà moins friables. Ils montrèrent leur découverte à Rodolphe Stadler, un industriel suisse passionné d'art moderne, qui allait ouvrir une luxueuse galerie rue de Seine. Le temps de l'art éphémère, de l'art-happening était venu, art où s'illustreront bientôt Tinguely, Rauschenberg, Christo et d'innombrables suiveurs. Le scandale fit long feu, peu de gazettes osèrent se moquer ouvertement des nouveaux papes de l'art moderne qui tenaient alors le haut du pavé.

Seule, Claude Rivière y fit allusion, dans Combat, mettant les rieurs de son côté. En tout cas, le bouche à oreille fonctionna à merveille et la galerie Stadler était lancée, propulsée vers la gloire Dans son autobiographie, Une vie de création , elle raconte: Inspiré par la beauté du site, Joppolo grimpa soudain sur un rocher et se mit à déclamer à voix haute une imitation hilarante des discours de Mussolini dont l'écho porta au loin les éclats sonores entrecoupés de nos rires.

Beniamino Joppolo C'est au début des années 70 que j'acquis ma première maison, à Bourron, avec mes droits d'auteur! Maître Ferrandon, notaire à Nemours, qui devint un ami, me dit un jour: L'Hôtel de la Paix, ses chambres et son bar accueillants attiraient alors tous les francs buveurs, les fêtards, les filles et les clochards venus des villages d'alentour. Les fins de semaines étaient animées et bruyantes, et le dimanche matin les maris qui n'accompagnaient pas leurs épouses à la messe, venaient y taper le carton en sirotant vin blanc ou pastis.

La proximité de l'église et du château ne semblait pas un obstacle à cette joyeuse agitation, d'autant plus que le garde-chasse, le bedeau et un gendarme qui vivaient à proximité cautionnaient par leur présence l'honorabilité de l'établissement.

Seules les fêtes du 14 juillet qui duraient plusieurs nuits d'affilée rendaient le lieu inhabitable pour les voisins. L'eau y était à la pompe installée sur le puits, les W-C dans un cabanon de bois au-dessus d'une fosse pas septique du tout, les pots de chambre se vidant à la volée au petit matin, vers le jardin. Nous écoutions mes locataires conter leurs souvenirs du Bourron d'autrefois.

Mme Frichet, ancienne agricultrice, entonnait d'une voix de jeune fille les chansons de sa jeunesse et Hélène Giton, maraîchère et apicultrice, nous lisait des passages de son journal qu'elle tenait depuis des décennies sur d'anciens cahiers d'écolier. Maison Frichet Les deux charmantes vieilles dames se rendaient chaque trimestre en car à l'étude de Maître Ferrandon, payer leur terme.

Elles refusèrent obstinément que je les en dispense ou que je leur installe à mes frais, un minimum de commodités pourtant souhaitables! Les deux vieilles dames sont parties sur la pointe des pieds, Mme Frichet souhaitant rejoindre sa famille en Touraine où elle s'éteignit peu après.

Mme Giton nous quitta elle aussi, nonagénaire avancée, m'offrant avant de mourir quelques livres, de vieilles photos et ses cahiers d'écolier pleins de souvenirs. Elle tint à laisser à son petit neveu, seule famille qui lui restât, ses économies, constituées sou à sou, au fil des ans, sur sa très modeste retraite.

Accoutumé à le voir suivre une piste de cette manière sans que je puisse le retenir ou l'empêcher d'aboyer, je poursuivis mon chemin sachant qu'il me retrouverait un peu plus loin. Soudain, après un dernier cri rauque un peu avorté il se tut. Je me demandais s'il n'avait pas rattrappé son gibier ce qui était rarissime. Je marchai en silence, atteignis le fond du vallon, lorsque dans une clairière je vis un braconnier agenouillé auprès d'un chevreuil à demi dépecé, serrant mon basset sous son bras, à l'étouffer.

Nos regards se croisèrent, j'appelai mon chien, le braco le libéra, Isidore accourut tout penaud et me suivit sans demander son reste. Le ciel sans nuage s'embrasait sous les derniers rayons dorés. Soudain, je perçus dans le silence du soir une sorte de ronflement bref et s'accadé montant par intermittence de la plaine verte.

Je me demandais bien d'où provenait ce bruit bizarre, lorsque je vis apparaître tout proche, au raz des arbres, une superbe mongolfière aux couleurs harmonieuses, dont l'aéronaute me salua depuis sa nacelle, d'un beau sourire et d'un signe discret de la main! Un matin d'août, dans une aube encore brumeuse, je me rendis aux Grands Feuillards. Dans la maison forestière, le garde-chasse et sa famille dormaient encore.

Je m'avançai tranquillement entre la route de la Princesse Marie et la route Montpensier mes deux paniers à bout de bras, Isidore mon basset en éclaireur, la truffe au vent. A un moment donné je me demandai si je ne rêvais pas! Des cèpes à perte de vue, par dizaines, par centaines, des tout petits, des gros aux pieds bien dodus, au chapeau marron foncé tout frais, sans trace de vers ou de limaces! Je me mis à tailler les queues avec mon laguiole comme un fou, à cueillir des cèpes comme un malade, dans une excitation jubilatoire.

Dans la clairière aux chênes juste en bordure de la route Montpensier stationnait une grosse Volvo immatriculée en Suède S attalée à une longue caravane. Nos touristes dormaient dans un décor de conte de fées, au milieu de champignons par centaines. Ne manquaient que les lutins! Entendant des pas autour de sa caravane, un sympathique Suédois entrebâilla la porte et observa ma cueillette; Isidore se mit à aboyer! Souvenir de mes escapades en Scandinavie je bredouillai quelques mots dans la langue d'Ibsen et mon Suédois me demanda si ces "svamp" étaient "ätbara"?

Je lui dis que oui! Sa femme apparut derrière lui. Ils m'invitèrent à boire un café! Je refusai poliment, trop excité par la cueillette, mais je leur proposai de faire comme moi, et que dans une heure, les paniers pleins, il pourraient m'accompagner chez moi à Bourron, où je leur montrerais comment les préparer et les déguster, avec un bon petit vin de chez nous! De ma vie je ne revis une telle abondance de cèpes!

Mes Suédois sans doute Telle est la sensation que cause la vue soudaine de Nemours en y venant de la Bourgogne. On la voit de là cerclée par des roches pelées, grises, blanches, noires, de formes bizarres, comme il s'en trouve tant dans la forêt de Fontainebleau, et d'où s'élancent des arbres épars qui se détachent nettement sur le ciel et donnent à cette espèce de muraille écroulée une physionomie agreste.

Là se termine la longue colline forestière qui rampe de Nemours à Bourron en côtoyant la route. Au bas de ce cirque informe s'étale une prairie où court le Loing en formant des nappes à cascades. Ce délicieux paysage, que longe la route de Montargis, ressemble à une décoration d'opéra, tant les effets y sont étudiés.

Il semble que le site de Bourron-Marlotte ait été occupé de façon continue dès les âges très anciens. C'est dans le secteur Château - Pavé du Roi - Église et Bords du Loing que l'on fit les principales trouvailles archéologiques de cette époque: Lorsque à partir du VIe siècle le royaume Mérovingien succéda à l'Empire romain, il marqua à son tour le site de Bourrron-Marlotte de sa présence dans le périmètre de l'église et du château actuels.

Le Moyen-Âge succédant au Haut Moyen-Âge, les sires de Borron connus dès le 12e sècle avaient doté leur fief d'une forteresse féodale entourée de fossés qui figure parmi les places fortifiées recensées en par Charles V, et d'une église dépendant du diocèse de Sens. La famille Bourron est prolifique et on la retrouve essaimée dans le Sénonais jusqu'au 17e siècle.

Saint-Louis par Bartolomeo Vivarini. En , le domaine de Philippe de Bourron compte, selon ses propres dires, outre son château et le domaine alentour, plus de dix arrière-fiefs! Entre et , le Gâtinais, fut ravagé à plusieurs reprises par les féroces bandes rivales alliées tantôt aux Valois et tantôt aux Plantagenêts.

Voici une petite anecdote qui témoigne de la confiance que M. On raconte que Marie perdit un diamant dans le parc de Bourron au cours d'une visite à ses parents, et que ce diamant fut miraculeusement retrouvé le lendemain. Le comte d'Haussonville dans son ouvrage: Après la tourmente révolutionnaire la vie du village redevient paisible. L'abbé Oudin, trop engagé dans la défense du trône et de l'autel doit se réfugier à Fontainebleau.

L'école aussi posait problème. A la mort du marquis François de Montgon, en , ses biens furent partagés entre ses deux fils, sa veuve se réservant l'usufruit du château, avec une clause lui permettant de percevoir une rente si le domaine venait à être vendu. Entre et , le travail ne manque pas à Bourron et Marlotte. Malheureusement, ce commandant qui prenait le titre de sous-préfet était parti à Melun d'où il ne devait rentrer que le lendemain.

La lignée littéraire ne s'est point interrompue. Le père Michel Vansleb ou Wansleben , féru de langues orientales, se rend en en Égypte, dans le but d'aller en Éthiopie.

Olivier Patru, avocat au Parlement de Paris, fut, selon le grammairien Thoulier d'Olivet son collègue sous la Coupole: J'ai découvert Bourron vers , lorsque je vins à Paris de Genève, à bicyclette, par la Nationale 7. Au milieu des années 50 les deux artistes découvrent un jour l'immense sablière qui s'étend au sud de la forêt, entre Bourron et Recloses en lisière des Ventes Cumier.

En , nous avons séjourné un long un week-end à marcher dans la forêt entre Barbizon et Bourron-Marlotte en compagnie de Gigi Guadagnucci et de Benjamino Joppolo qui décéda peu de temps après. Les Prussiens sont confiants, ils ont organisé des festivités les jours précédents et ont porté de nombreux toasts au champagne à la défaite des armées révolutionnaires et à la libération prochaine de la famille royale. Drôle de bataille à Valmy. Et quand le brouillard se lève… on aperçoit les Prussiens!

Hélas pour lui, le tir semble imprécis et les canons français ripostent. Sans doute va-t-on maintenant passer aux choses sérieuses. Il les fait mettre en colonnes, comme s'il allait ordonner l'attaque. Il brandit au bout du sabre son chapeauet crie: Les Prussiens, pourtant, ne bougent pas. Etonnés, les Français restent donc seuls maîtres du terrain. La question est simple: On en cherche vainement la réponse dans le compte-rendu officiel paru à Berlin quelques jours plus tard: Il en faut certainement de sérieux!

La résistance de paysans sans-culotte? Quatre jours avant la bataille, en effet, un vol spectaculaire a eu lieu au garde-meuble: Bref, tout cela ne nous éclaire guère, reconnaissons-le. Valmy, thèse officielle, thèses confidentielles. Dans son article, Lenotre met en perspective:


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